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Nécropole Juive Médiévale PDF Imprimer Envoyer
Écrit par JS   

Nécropole Juive médiévale

>> Voir en fin de page: Kountrass News nº 125 - Nissan 5770 / Mars 2010


Récemment, une nécropole juive médiévale a été mise au jour dans le bourg d’Ennezat, aux environs de Clermont-Ferrand (voir photo)

Ennezat- Stèle funéraire du cimetière israélite employée dans un mur


 

(Article du Rav Kahn sur le sujet paru dans Kountrass)

  • La communauté juive d’Ennezat :

S’il est vrai que jusqu’à ce jour, nous n’avons pas eu connaissance d’ouvrages juifs mentionnant la présence d’une communauté juive à Ennezat, il existe par contre de nombreuses sources non juives attestant l’existence d’une telle communauté.

Alphonse de Poitiers fit faire en 1263 une enquête concernant la présence des Juifs en Auvergne, et Ennezat, ainsi que son cimetière, y sont mentionnés. La dernière mention de cette communauté date de 1349, et elle a dû disparaître lors de l’expulsion des Juifs de France.

L’abbé Camin a rédigé en 1895 une “Note sur le cimetière juif d’Ennezat“ (publié au Congrès archéologique de France, LXII ème session, p. 354 - 357). On y lit :

“Le chanoine Jacques Audigier écrivait, au commencement du XVIII ème siècle dans son Histoire manuscrite d’Auvergne : “On voit encore dans cette ville un couvent de Grands Augustins…Leur première maison avait été bastie dans un lieu appelé le Cimetière des Juifs, où l’on voit encore aujourd’huy des tombeaux sur lesquels il y a encore des épitaphes en langue hébraïque“.

“D’après ce passage, au moment où écrivait le chanoine Audigier, ces épitaphes n’avaient point disparu. C’est ce qu’atteste également le bénédictin J.J.Boyer, qui visita Ennezat le 26 juin 1742. “

Mais les pierres tombales ont disparu entre temps.

L’abbé Camin a cependant encore retrouvé, à la fin du siècle dernier, deux pierres.

On y lisait : (Zoth) matsévath rabbi Yits’hacq, “ceci est la pierre tombale de Rabbi Yits’haq“.

Une seconde comportait : Po tamoune (ich néé) mane, kol dera( khav yecharim) “ci-gît un homme fidèle, toutes ses voies étaient justes“.

Entre temps, un siècle a passé, et les vestiges des pierres tombales sur le site du cimetière ont disparu.

  • Découvertes archéologiques :

"Champ des Juifs" situé rue de la la Croix des Moines à Ennezat


Ce lieu de repos a été oublié de tous. Seule attestation de son existence : dans le cadre local on nomme cette partie de l’agglomération “Champs des Juifs“ !

Ce qui semble bien être aujourd'hui le seul cimetière médiéval juif connu en France aurait disparu dans la nuit des temps sans l’intervention in extremis d’une association française Patrimoine Historique et Artistique de la France (PHAF).

Cette association fut mise au courant de l’existence du site alors qu’elle effectuait des démarches pour sauver la synagogue de Clermont, qui allait, elle, être transformé en cinéma.

Immédiatement concernée, cette association a entrepris des recherches approfondies, réussit à intéresser les services régionaux d’Archéologie, et à leur demande, à trouver les fonds nécessaires pour entreprendre une campagne de fouille à Ennezat. Une équipe de chercheurs, en collaboration avec l’unité de recherche Nouvelle Gallia Judaica, dirigée par M. Gérard Nahon, s’est donc rendue sur place en janvier 1992. Les ossements qui ont été découvert sont restés sur place et les fouilles effectuées in situ.

  • Enquête :

Bien entendu, il restait à prouver définitivement qu’il s’agissait bien d’un lieu de sépulture juif ! Une enquête a été menée au cours de laquelle on a sollicité l’expertise du Rav David Schmidel d’Erets Israël, spécialiste mondial en la matière. En l’occurrence, à un détail près, les recherches confirment que ce lieu est bien l’ancien cimetière d’Ennezat.

Le site est appelé “Champs des Juifs“ depuis le Moyen Âge ; quatre morceaux de pierres tombales ont été conservés dans le village, ayant été utilisés comme matériaux de construction. Les lettres hébraïques (les gens du village disent : “c’est écrit en juif “ !) sont typique de l’écriture du Moyen Âge, selon le spécialiste Gérard Nahon.

Les ruines du couvent des Augustins ont été localisées à côté du cimetière. Par chance, ce terrain n’a jamais été cultivé, mais utilisé uniquement comme pâturage, peut-être par superstition ; ceci a sauvé les sépultures qui se trouvaient à ras du sol.

Lors des fouilles, on a découvert une pièce de monnaie du XIII ème ainsi que deux boucles de ceinture datant de la même période.

  • Indices :

Si les corps eux-mêmes sont orientés est-ouest et leurs sépultures bien séparées, les bras et les mains sont réunis largement au niveau du buste ou au niveau du bas-ventre ;(mais jamais en “gisants“ à la manière chrétienne). Or la tradition suivie dans la plupart des communautés juives veut que les bras soient disposés le long du corps : une expression du Rambam le confirme “comme un homme qui dort“ ; le Midrach également (qui écrit à propos de la mort de Moché, “allonge tes bras“). Cependant certains cas de sépultures juives anciennes où les bras ont la même position inhabituelle qu’à Ennezat sont signalés dans le cimetière juif de Barcelone et dans celui de Siret, en Bucovine (Moldavie).

Autres caractéristiques à noter : les têtes sont toutes tournées vers la droite ou vers la gauche.

Les fouilles n’ont mis à jour qu’une partie du cimetière, et une trentaine de dépouilles ont été dégagées ; mais l’ensemble des données semble corroborer clairement l’hypothèse selon laquelle il s’agirait bien d’un vieux cimetière juif médiéval. Il est cependant regrettable, nous dit le Rav Schmidel, que malgré les sollicitations du PHAF, ce ne soient pas des spécialistes qui aient effectué ces fouilles : des personnes de hevroth qadichot, d’organismes juifs habilités à s’occuper des morts.

 

  • Projets :

Malheureusement ce terrain a récemment été mis en vente. Il est destiné à présent à la construction, ce qui signifierait la destruction des tombes. Pire, le matin même de la visite de Rav Schmidel, le 8 septembre 1992, un paysan désireux de vérifier la présence de squelettes, s’est mis à creuser, dégageant par hasard un corps. Pour le Rav Schmidel, cet incident confirmait l’urgence d’une intervention.

Selon lui, “on ne doit reculer devant aucune dépense, si astronomique fût-elle, pour sauver ce qui reste du cimetière juif d’Ennezat. La France, dit-il, était le centre mondial de la Tora au Moyen Âge ; c’est de là que la Tora était diffusée dans toute la Diaspora, et les Sages français de cette époque, Rachi, les Tossafistes, etc…guident encore nos pas et les guideront toujours. Immense est la mitsva et incommensurable le mérite éternel de qui financera, en tout ou en partie, cette entreprise“.

Le PHAF (Patrimoine historique et artistique de la France- Recherche et développement du Mécénat industriel) a, déclare Gérard Nahon, permis d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire juive de France en attirant l’attention sur ce site.

Cette association se propose à présent de faire racheter le terrain, d’y créer un Musée de la Mémoire, de rassembler les copies des diverses pièces déjà découvertes à Ennezat, d’en ajouter d’autres, et de lancer une campagne afin de mettre à jour d’autres vestiges certainement encore enfouis sous terre en France.

Pour le rachat du terrain, il ne faut que la bagatelle d’un million de francs actuel

Rav Kahn

 

Kountrass News nº 125 - Nissan 5770 / Mars 2010

http://www.kountrass.com

Le «Champ des Juifs» d'Ennezat


Kountrass, voici presque 20 ans (cf. n° 36, septembre 1992) avait attiré l'attention sur un cimetière juif datant du XIVe siècle situé à Ennezat, un village du Puy-de-Dôme. Une fondation française, dirigée alors par Mme Abrabanel, voulait assurer l'identification de ce site, afin de le sauver de la destruction qui le menaçait. Pour répondre à la première volonté de cette fondation, Kountrass avait suggéré de faire venir d'Israël l'un des grands spécialistes en la matière, le rav David Schmidel. A cette personnalité s'était joint le Pr. Nahon, l'un des spécialistes actuels de l'histoire juive, et l'identité de cet ancien cimetière fut bien établie : il s'avéra que le cimetière juif d'Ennezat était le plus ancien cimetière juif retrouvé en France !


Plaque en souvenir des Tossafistes de Ramerupt

Plaque en souvenir des Tossafistes de Ramerupt Il est vrai qu'un autre site avait été découvert à Ramerupt, commune qui accueillit, en son temps, un grand centre d'étude auquel est rattaché le nom de Rabbénou Tam (cf. Kountrass n° 31). A la suite de l'enquête que nous y avions menée, l'une des maisons situées sur l'emplacement du cimetière a été rachetée et un Beth haMidrach y a même été installé, mais ce champ funéraire ne présente aucune indication permettant de confirmer l'identité juive des personnes qui y sont enterrées - alors qu'à Ennezat, on trouve par-ci et par-là dans le village, de nombreux débris de stèles funéraires juives, avec des lettres hébraïques.

Des boucles métalliques et une pièce de monnaie ont permis de dater l'utilisation du site aux XIIe et XIVe siècles. La communauté aurait disparu lors de l'expulsion des Juifs du royaume de France en 1394 ou avec les ordonnances royales de Philippe le Hardi et Jean II le Bon qui réduisirent le nombre de cimetières juifs à un par diocèse.

Mme Abrabanel, à l'origine de cette découverte, voulait alors racheter le terrain et lui garantir sa pérennité, mais elle n'y est pas parvenue, et sa disparition voici quelques années a mis l'avenir de ce terrain en grand danger : il avait été acheté par des personnes désirant y construire leur maison, et le temps allait inexorablement arriver.

Mais la Providence en a voulu autrement, à ce que nous apprenons actuellement : les propriétaires eux-mêmes qui avaient acquis le terrain dans les années 80 se sont heurtés depuis 1992 à tant de difficultés administratives qu'ils ont dû aller construire plus loin sans pouvoir se défaire de cet encombrant terrain !

Mais qu'allait devenir ce cimetière ? Les associations juives de la région, en particulier le Consistoire israélite de Clermont-Ferrand, sous la direction de son président, M. Sabino Moustacchis, ont ouvré pour que ce cimetière, d'une valeur historique certaine, soit respecté, ainsi que le veut la Halakha. « On a estimé à 700 le nombre des sépultures, a déclaré ce dernier. Même à Clermont-Ferrand où notre communauté est installée depuis fort longtemps, nous n'avons pas un tel cimetière ».

La commune, pour sa part, s'est déclarée « prête à le valoriser en en faisant un lieu de mémoire » si on lui cédait le terrain à un prix raisonnable, et qu'elle obtient de substantielles subventions. Le maire d'Ennezat, M. Jacques Cure, s'est adressé au ministère de la Culture pour demander de classer le terrain ou d'aider la commune à l'acquérir « pour assurer sa préservation et sa mise en valeur ».

Si l'Etat s'en mêle, ne risque-t-on pas de voir des fouilles effectuées sur le terrain ? La déclaration du conservateur régional de l'archéologie à la DRAC d'Auvergne permet de penser que cela ne sera pas le cas : « En l'espèce, il n'est pas question de faire de fouilles, s'agissant d'un cimetière juif. La religion juive interdit en effet de troubler le repos des défunts fussent-ils vieux et oubliés de tous depuis 600 ans. » On ne peut qu'apprécier les dispositions de cette personne !

Mais pour l'instant, rien n'a réellement avancé, à en croire les journaux régionaux, et l'avenir de ce site reste incertain. Il faut espérer que les efforts conjugués de la communauté juive de Clermont-Ferrand et de la commune d'Ennezat pour sauvegarder ce site porteront leurs fruits.

Le président du Consistoire de Clermont Ferrand a ajouté deux éléments à notre enquête :


Une tombe dans ce site

Une tombe dans ce site En premier, grâce à l'intervention du vice-président du Consistoire Central de France, Jacques Yves Bohbot auprès Christine Albanel, ministre de la Culture à l'époque, le site a été classé à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. Ainsi le site est définitivement protégé. Rien ne peut être fait sans l'autorisation des pouvoirs politiques. C'est le maire qui a engagé en local la démarche administrative.

Ensuite dans le courant du mois de février, la ministre israélienne de la culture Limor Livnat est intervenue auprès du ministre de la Culture en France Frédérique Mitterand afin de le sensibiliser sur ce sujet et notamment lors de son passage à Clermont-Ferrand au courant de ce mois-ci.

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Mise en ligne du nouveau site internet du Centre Culturel Jules Isaac

http://culture-juive-clermont.org/

Est présent également sur Facebook, avec une page nommée "Centre Culturel Jules Isaac"

où seront  affichés très régulièrement les actualités.

 
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